Le lac Kipawa, c’est l’opportunité de mille îles à explorer et autant de baies à découvrir. Le nom, dérivé du mot “Kebaouek” en Anichinabé, signifie « fermé, sans issues », car ce lac, fait en long, a de nombreux bras qui semblent être des rivières qui mènent quelque part, mais ne sont en fait que des longues baies étroites, fermées au bout et sans issues. Cet immense lac est une merveilleuse destination de canot-camping. C’est un vaste territoire à explorer où l’on peut être à l’abri du vent, peu importe sa provenance, et c’est facile de s’y retrouver avec le sentiment d’être seule au monde. Lorsque la brise est assez puissante dans la plus large partie du lac, c’est l’occasion idéale d’essayer le canot-voile pour franchir une bonne distance sans effort.

Beauté des paysages
Mis à part quelques villages et chalets qu’on aperçoit parfois sur les berges, les abords du lac Kipawa sont sauvages. La forêt est dense et on y retrouve de grands conifères majestueux, des caps rocheux et quelques plages isolées. La ZEC Kipawa est encore plus vaste et les signes de civilisation sont encore plus rares. Des îles de toutes les tailles vous invitent à l’exploration et à y manger votre pique-nique. Puis, les eaux cristallines du lac vous convient pour des baignades rafraîchissantes.

Opémican
Le parc national d’Opémican couvre une partie du lac. On peut y faire la location de canot et suivre un parcours dans le secteur de l’île aux Fraises.
Territoire unique
La baie du canal, qui porte bien son nom, est assurément mon coup de cœur parmi les joyaux cachés du majestueux lac Kipawa. Pour y accéder, notre canot avance dans un étroit canal formé par de grandes parois rocheuses. Nous regardons autour de nous avec des yeux écarquillés, dans un silence admiratif. Sur ce territoire ancestral Anichinabé, nous écoutons le vent dans les grands pins. Tels des gardiens du territoire, ils trônent sur les falaises de granit qui plongent dans le lac et bordent l’entrée de cette baie magique. Quelques emplacements pour les tentes nous accueillent pour passer la nuit sur l’une des îles et nous nous endormons avec le chant des huards.

L’eau vive
La haute rivière Kipawa s’avère aussi être un incontournable pour les adeptes de canot d’eau vive. Quelques rapides de classes III et IV nous procurent une bonne dose d’adrénaline et des sentiers de portage nous mènent en bas des obstacles, telles les chutes Turner, en toute sécurité. N’hésitez pas à mettre votre canne à l’eau, cet endroit est parfait pour attraper du poisson frais pour le repas du soir. Si la saison est propice, ça vaut la peine d’explorer les abords des sentiers pour y trouver des chanterelles à ajouter au menu!

Faune
La région du lac Kipawa, c’est l’occasion de s’immerger en nature, là où les animaux ont encore des comportements naturels en la présence d’humains. Un tamia rayé passe en bordure du campement lors de nombreux allers-retours avec les bajoues remplies de provisions pour l’hiver, complètement désintéressé par la nourriture transformée. Les pygargues à tête blanche regardent passer les canots du haut d’immenses pins blancs, puis s’envolent majestueusement vers des cimes plus tranquilles. Nous avons aussi fait la rencontre d’un loup solitaire qui nous observait discrètement à distance, avec une curiosité polie. D’abord couché dans la mousse entre les arbres de la forêt dense, il s’est levé lorsqu’il s’est senti observé et, gardant une distance prudente, il s’est dirigé vers la rivière où l’on a pu apprécier une vue d’ensemble sur cet animal mythique. Nous avons également aperçu des traces d’orignal le long de la rivière. Au petit matin, le canot glisse le long des joncs où les toiles d’araignées sont serties de perles de rosée.

Flore
Nous avironnons entre des nénuphars aux fleurs flottantes et des grappes mauves des pontédéries. De longues algues ondulent telles une chevelure de sirène sous le canot. Aux abords de la rivière, les berges sont denses d’arbustes comme les aulnes et le myrique baumier. D’autres rives sont bordées de grands cèdres et d’érables. Les pins sont aussi nombreux et nous apprécions monter la tente sur un tapis douillet d’aiguilles rousses le soir venu. C’est avec grand plaisir que je retourne chaque année découvrir d’autres baies secrètes et îles désertes du lac Kipawa.
