Il y a des expériences qui restent gravées longtemps, et notre escapade de canot‑camping sur la rivière Portneuf en fait clairement partie. Et si tu te demandes : oui, le canot‑camping, c’est tout à fait possible en famille.
Notre expérience sur la rivière Portneuf
La Portneuf, c’est une rivière sauvage, mais accessible, bordée de parois rocheuses impressionnantes et de belles plages de sable. Je la trouve parfaite : elle offre de longues sections calmes avec quelques rapides faciles, juste assez pour ajouter une touche de piquant à l’aventure. Il est possible d’utiliser un service de navette pour être déposé en amont de la rivière, ainsi que de louer un canot. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a plusieurs points de mise à l’eau accessibles aux kilomètres 25, 40 et 69 de la rivière.
Pour une première expérience avec un jeune enfant, nous avons choisi de mettre à l’eau au km 40, juste au pied de la Chute à Boulé. Ce point de départ nous a permis d’éviter le portage de la chute et de profiter d’un parcours parfait pour une aventure de deux jours avec une nuit en camping sauvage au bord de la rivière.
Pour cette aventure, nous avons opté pour le service de navette et la location du canot sur place. Le chauffeur de la navette connaissait parfaitement le secteur et était vraiment sympathique.

Pour ceux qui souhaitent préparer leur propre expédition, la carte complète réalisée par la Fédération québécoise du canot et du kayak, tout comme les informations sont disponibles sur le site de la Municipalité de Portneuf‑sur‑Mer et le site de Innergex, l’entreprise propriétaire du barrage hydroélectrique sur la rivière Portneuf.
Préparation
Au niveau de la préparation, il faut penser pratique, sécuritaire et léger, tout en choisissant la bonne période de l’année. Avant de se lancer, il est essentiel d’étudier les cartes et de bien comprendre le parcours. Je recommande d’ailleurs d’en imprimer une copie à garder avec soi durant la descente et d’avoir une application de localisation sur son téléphone.


Nous avons opté pour la fin juillet afin de profiter d’un niveau d’eau plus bas et d’un meilleur accès aux plages. Pour le matériel, on mise sur l’essentiel : des sacs étanches, des vêtements adaptés à la météo, des sacs de couchage, des collations faciles à attraper, des repas déshydratés… et évidemment, les gilets de sauvetage pour tout le monde. Avant de partir, on a aussi pris un moment pour expliquer à notre garçon comment s’asseoir dans le canot et comment bouger en toute sécurité.
Il faut également savoir qu’il n’y a aucun réseau cellulaire sur la rivière. Un communicateur satellite est fortement recommandé en cas d’urgence. Avoir un plan de sortie clair, un contact avisé de votre itinéraire et une trousse de premiers soins fait partie des indispensables.

Sur l’eau
La rivière était calme et on avançait tranquillement. Par moments, mon garçon trempait sa main dans l’eau froide. À d’autres moments, il nous posait mille questions sur les oiseaux, les roches ou les rapides qui approchaient. Ses moments préférés étaient lorsqu’on faisait une pause pour jouer dans le sable et dans l’eau, puis pour manger une collation.


On se sentait seul au monde, nous avons croisé seulement quelques chalets isolés en bordure de la rivière. On savourait chaque méandre, chaque silence, et on s’arrêtait sur les plages pour se dégourdir et manger.
Et puis, le moment fort du voyage : nous avons vu un ours ! C’est mon garçon qui l’a repéré en premier, il était en haut d’une dune de sable et s’est vite caché dans la forêt quand il nous a aperçus. C’était impressionnant !
Le portage

Sur la rivière Portneuf, deux portages sont obligatoires : celui de la Chute à Boulé au km 40 et celui du barrage hydroélectrique au km 31. Nous avons dû effectuer le portage du barrage, sur environ 300 mètres. C’est un effort considérable, surtout lorsqu’il faut transporter tout le matériel et le canot. Il faut s’attendre à faire quelques voyages !

Juste après le barrage, la rivière s’anime : on y trouve des rapides de niveau R1 et des eaux vives qui donnent un peu d’adrénaline. Rien de très technique, mais assez pour sentir le canot vibrer et laisser entrer un peu d’eau à l’intérieur. Avoir quelques notions de base est vraiment utile pour traverser cette section en confiance.
Le campement
Après le portage et les rapides, nous avons trouvé un site magnifique, sur la plage. Parfait pour établir notre campement. Il faisait beau et chaud, alors on s’est baigné et on a profité de ce moment en famille.
Pour le souper, rien de compliqué : nous avons simplement sorti nos repas déshydratés. Et évidemment, la soirée s’est terminée avec des guimauves grillées sur le feu et un petit garçon qui s’est endormi en deux minutes.

Pour la nuit, il est essentiel de ranger la nourriture, ainsi que tout ce qui dégage une odeur, dans des sacs étanches ou des barils, puis de les placer sous le canot ou de les suspendre à une branche lorsque c’est possible. Ce sont des précautions importantes pour éviter d’attirer les ours. J’avoue que je restais à l’affût et je me suis fait réveiller plusieurs fois durant la nuit par des castors bricoleurs.
Retour à la civilisation
Le lendemain matin, il pleuvait. On a donc essayé de tout remballer rapidement dans le canot pour avancer et parcourir un peu plus de kilomètres malgré le temps gris. On a eu froid par moments, mais même sous la pluie, on trouvait encore le moyen de rire et de profiter de l’aventure. Quand on est finalement arrivés à la fin du parcours, j’étais un peu nostalgique que ce soit déjà terminé, mais mon cœur était rempli de bonheur.
Nous avons initié notre garçon au canot‑camping à 5 ans, même si, avec le recul, nous aurions pu commencer avant. L’important, c’est d’adapter le parcours au rythme et au niveau de confiance de chaque famille.
Astuce : choisissez un parcours avec plusieurs plages ou arrêts faciles. Ça permet de bouger, de jouer, de grignoter… et ça rend l’expérience beaucoup plus agréable pour les enfants.

Voici quelques endroits que j’ai eu la chance de découvrir en canot‑camping au fil des années:
- Parc régional du Poisson Blanc, Laurentides
- Parc régional Kiamika, Laurentides
- Corporation du parc régional du Lac 31 Milles, Outaouais
- Rivière Portneuf, Côte Nord
- Rivière Rouge, Laurentides
Et ce n’est qu’un début. Le Québec regorge d’autres destinations magnifiques pour le canot‑camping que j’aimerais explorer. Parmi celles qui figurent sur ma liste :
- Les différents parcours de la Sépaq
- Le réseau des ZEC, notamment la Petite rivière Péribonka ou la Zec Martin‑Valin, au Saguenay
- La réserve faunique La Vérendrye
- Le parc national de la Mauricie
- La rivière Croche avec Méandre, en Mauricie
- La rivière de l’Aigle et la rivière Désert, avec Carpe Diem Aventures, en Outaouais
- La rivière Bonaventure, en Gaspésie
Chaque région offre des paysages uniques à découvrir.
Et toi, est‑ce que tu as déjà vécu une aventure en canot‑camping? Ou peut‑être as‑tu un endroit au Québec que tu rêves d’explorer?


