La traversée des ZEC : 3 jours de gravel bike dans les montagnes du Saguenay et de Charlevoix

L’annonce du circuit Four By Four en avril dernier m’a donné envie de redécouvrir le Saguenay et Charlevoix autrement. Voyager sur deux roues dans les ZEC (zones d’exploitation contrôlée) permet de découvrir le territoire sur une plus grande distance qu’en randonnée ou en canot, sans pour autant compromettre la vue sur les paysages qui nous entourent ni la proximité avec la nature.

Pendant 3 jours, nous avons roulé sur des chemins forestiers pour traverser les quatre ZEC qui se trouvent autour du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, pour un total de 214 km et 3 545 m de dénivelé positif.

Dans ses publications sur les sites Bikepacking et Le Québec à Vélo, Arnaud Côté Boisvert présente un parcours de 2 jours, mais nous avons choisi de le répartir sur 3 jours et 2 nuits afin de mieux composer avec le dénivelé. 

Quel vélo pour le Four By Four?

Le parcours alterne entre de beaux chemins forestiers roulants et des sections beaucoup plus techniques. La majorité du trajet se fait sur de la gravelle de type 2 ou 3, mais certaines descentes et la section de hike-a-bike de la ZEC des Martres se rapprochent davantage du type 4. Un vélo de gravelle avec des pneus de 40 mm ou plus est donc préférable pour être confortable sur l’ensemble du parcours.

Pour ma part, j’ai roulé le parcours avec des pneus de 35 mm. La différence était notable entre mon chum qui avait des pneus de 42 mm et moi, particulièrement dans le sable.

Quelle configuration de sacoches pour une aventure de bikepacking?

Avant de prendre la route, c’est un peu un jeu de Tetris pour répartir le poids de notre équipement le plus efficacement possible entre nos deux vélos. Pour cette aventure, on a opté pour une configuration de bikepacking minimaliste : un sac sous la selle et un sac au guidon sur chacun de nos vélos, auxquels on a ajouté deux sacs de fourche sur le vélo de mon chum. Avec le dénivelé et les sections plus techniques du parcours, on voulait garder nos vélos les plus maniables possible. Cette configuration s’est avérée particulièrement pratique dans la section de hike-a-bike au sommet de la ZEC des Martres, où il fallait pousser nos vélos dans les passages les plus escarpés.

Jour 1 – Petit-Saguenay

Notre camp de base pré-départ : l’Auberge du Jardin

Après la route depuis Sherbrooke, on prend le temps de se déposer à l’Auberge du Jardin à Petit-Saguenay. C’est une très mignonne petite auberge qui donne sur les montagnes. On peut également profiter de son joli jardin, en plus du café qui propose plusieurs produits locaux et du restaurant.

Jour 2 – 100 km et 1 898 m de dénivelé positif

Avant notre départ à vélo, nous sommes allés déjeuner à la boulangerie Nuances de Grains à L’Anse-Saint-Jean. On en profite pour acheter du pain pour les prochains jours et de quoi dîner. On fait un dernier arrêt gourmand à la microbrasserie La Chasse-Pinte avant de se diriger vers le point de départ du parcours, où on laisse la voiture pour les trois prochains jours.

C’est un départ! – ZEC de L’Anse-Saint-Jean

Dès les premiers kilomètres, on entre dans la ZEC de L’Anse-Saint-Jean. Même à vélo, il faut payer les droits d’accès et indiquer la durée prévue de notre séjour. Un premier poste d’accueil se trouve à l’entrée de la ZEC de L’Anse-Saint-Jean, mais ce n’est pas le cas pour les autres ZEC que nous allons traverser. Après ce premier poste, le réseau cellulaire disparaît rapidement. Mieux vaut donc avoir réglé les droits d’accès avant de partir. Une fois ces formalités derrière nous, le paysage commence déjà à changer. À peine 20 kilomètres plus loin, on se retrouve entourés de sommets qui offrent une vue panoramique sur la vallée.

La chaleur nous oblige à surveiller notre consommation d’eau. Heureusement, plusieurs points d’eau se trouvent sur le parcours. À chaque point d’eau, on prend le temps de remplir nos gourdes avant de repartir. Nous avions apporté des pastilles de chlore pour pouvoir traiter l’eau au besoin.

ZEC Lac-au-Sable

On poursuit notre trajet pour entrer dans la ZEC Lac-au-Sable, qui porte bien son nom. Le chemin devient plus sablonneux et plus technique. C’est aussi dans cette ZEC qu’on trouve le camping du lac au Sable. Que ce soit pour une baignade ou pour écourter de moitié la distance de la journée, c’est un bon arrêt à garder en tête.

On décide toutefois de continuer jusqu’à Clermont. Les derniers kilomètres sur le chemin d’Auteuil sont parmi les plus techniques de la journée, particulièrement dans les descentes où la gravelle de type 4 nous oblige à ralentir. Une fois à Clermont, on profite des dépanneurs et des épiceries pour refaire le plein de provisions. Même en soirée, il est possible de trouver de quoi manger avant de reprendre la route.

On choisit de poursuivre sur la 138. La route est assez passante, mais l’accotement est suffisamment large pour qu’on s’y sente en sécurité. Comme on y roule tard en soirée, l’achalandage est heureusement beaucoup plus faible. Une autre option consiste à passer par Saint-Aimé-des-Lacs et Notre-Dame-des-Monts. Cette option ajoute une dizaine de kilomètres, mais permet de rejoindre la Route verte et ses bandes cyclables. À noter que Territoire Charlevoix ne recommande pas aux voitures la portion du Rang Sainte-Philomène entre eux et Notre-Dame-des-Monts, mais qu’en vélo de gravelle, c’est praticable. 

Nuit en refuge à Territoire Charlevoix

Après 100 kilomètres et 1 898 mètres de dénivelé positif, on arrive enfin à notre refuge de Territoire Charlevoix. On est bien heureux de pouvoir poser les vélos et profiter d’une bonne nuit de sommeil avant d’attaquer la suite du parcours.

Jour 3 – 44 km et 899 m de dénivelé positif

ZEC des Martres

Après une bonne douche, on reprend la route pour notre deuxième journée de vélo. Une seconde journée chaude avec beaucoup de dénivelé nous attend pour rejoindre le point culminant du parcours, où nous passerons la nuit en camping.

Avant d’entrer dans la ZEC des Martres, on fait un dernier arrêt à Notre-Dame-des-Monts, au Marché des Montagnes. On y achète des sandwichs, du fromage et du saucisson de Charlevoix. Avec la chaleur, on en profite aussi pour manger une petite crème glacée.

On longe ensuite la rivière du Gouffre, qui forme de petits bassins où il est possible de s’arrêter pour une baignade. On aurait facilement pu y passer une bonne partie de l’après-midi, mais il nous reste encore beaucoup de dénivelé à gravir.

La fin de la journée nous réserve toutefois une surprise : le deuxième camping indiqué sur la carte est loin d’être optimal. Le terrain est inégal, il se trouve dans un milieu humide et l’accès à l’eau y est difficile. On décide donc de poursuivre en espérant trouver mieux. Les derniers kilomètres vers le sommet de la ZEC des Martres se font finalement à pied, en poussant nos vélos. C’est la fameuse section de hike-a-bike. On avance lentement, avec nos vélos chargés à côté de nous.

Lorsque nous atteignons finalement le sommet et que la nuit tombe, on ne cherche plus très longtemps l’endroit parfait pour installer notre tente. Une roche suffisamment plate à quelques pas du sommet fera parfaitement l’affaire. Nous avons tout de même bien fait de ne pas nous résigner à camper sur le chemin de quatre roues, puisque, assez tôt le lendemain matin, nous en avons croisé quelques-uns. La section au sommet de la ZEC des Martres est de loin la plus exigeante du parcours. Si vous faites le parcours sur deux jours, prévoyez suffisamment de temps pour cette section.

Jour 4 – 79 km et 715 m de dénivelé positif

Notre troisième et dernière journée commence pas mal comme la deuxième s’est terminée. Une section de 8 km de descentes abruptes et rocailleuses nous force à rouler lentement et, par moments, à marcher à côté de notre vélo. Il n’y a également aucun point d’eau dans cette section. À une vitesse moyenne de 3 km/h, on finit par parcourir ces premiers kilomètres. Imaginez la liberté qu’on ressent lorsqu’on peut enfin remonter sur nos vélos et recommencer à rouler!

On croise l’Auberge du Rivage entre les deux ZEC. Il est possible d’y dormir ou simplement de s’arrêter pour dîner en chemin. Cette auberge, qui n’est pas affichée sur le trajet officiel sur Ride with GPS, rend le trajet possible en auberges et refuges si vous ne souhaitez pas transporter votre tente. La tente apporte tout de même son lot de liberté et de sécurité en cas d’imprévu.

On continue de descendre vers notre point de départ. Le paysage change tranquillement. On traverse une ZEC plus exploitée que les autres, avec plusieurs chalets et des secteurs de coupe forestière.

On sort finalement de la ZEC et, peu de temps après, on retrouve notre voiture. Le voyage se termine avec fierté devant les kilomètres parcourus, le dénivelé accumulé et, surtout, tous ces beaux paysages qu’on a eu la chance de découvrir à vélo.