fbpx
was successfully added to your cart.

Au matin, Éléonore se réveillait toujours de la même façon. Débutant ses journées le regard posé sur le fleuve, son café à la main, elle ne cessait de fixer la ligne bleue qu’il formait en s’étirant à l’horizon.

Pour sa voisine, la mer et les vagues étaient toutes sauf la sérénité de l’aurore. Elle pouvait s’y submerger sept mois par année et y délaisser toute angoisse ou tourment sous le déferlement incessant. Sa combinaison de plongée restait humide en permanence.

À quelques rues de là, le fleuve avait autrefois heurté les berges avec une intensité foudroyante. Depuis, Estelle se rassurait de la solidité du nouveau quai. En octobre de l’an dernier, elle avait cru que chaque vague s’était donnée pour mission de partir avec une parcelle de la rive, ce qui l’avait profondément secouée.

Lucie cuisinait la morue comme sa mère lui avait enseignée, chérissant cette vertu d’antan que les ancêtres gaspésiennes lui avaient léguée.

Les enfants fouillaient sans cesse le sable pour y trouver des éclats de verre polis ou des coquilles ramenées par les marées. Collectionneurs ou amateurs, ils retrouvaient dans cette activité estivale l’appartenance envers le cours d’eau qui savait les fasciner et qui les voyait grandir.

Sous les amoncellements de varech et de débris, le sable restait, témoin des foules qui parcouraient le bord de l’eau.

Celles qui portaient le regard au fleuve et qui lui portaient une grande admiration partagent ainsi, entre elles, un trait crucial dont elles ne pourront se défaire: l’appel du large.

 

La série d’articles suivante ne forme en aucun cas une source de renseignements touristiques ou informatifs. Il s’agira plutôt de courts récits dans lesquels les Filles du Nord sauront se reconnaître.

 


Par Émilie

reviseure

Collaboratrice Spontanee

À propos de Collaboratrice Spontanee

Laissez un commentaire!